Une heure plus tard, une scène d'un tout autre genre se passait rue de la Chaussée-d'Antin, à l'hôtel de M. de Beaufort-Wilson.
C'était vers minuit environ.
M. de Beaufort s'était retiré dans son cabinet de travail, attenant à sa chambre à coucher, et, quoiqu'il fût tard déjà, au lieu d'aller prendre du repos, il avait roulé un fauteuil auprès de la cheminée où brûlait un bon feu, et il s'y était assis.
M. de Beaufort était préoccupé et sombre; ses traits étaient altérés, une pâleur livide couvrait ses joues.
Il laissa son front retomber sur sa main, et se mit à réfléchir.
Il avait bien souffert depuis quelques jours, et quoi qu'il fît, il ne parvenait pas à retrouver sa quiétude.
Il avait peur: l'air était plein de menaces sourdes; jamais il ne s'était senti si inquiet; le passé qu'il avait cru oublier venait de se dresser implacable devant lui.
Il savait que Palmer était à Paris, et ne doutait pas que miss
Fanny Stevenson ne s'y trouvât également.
C'était le scandale imminent, l'effondrement de son bonheur, l'avenir plein de trouble et de déchirement.
Qu'allait-il devenir, et quel moyen employer pour se défendre?