Les deux jeunes gens s'inclinèrent et elle rendit le salut sans quitter le livre qu'elle avait sous les yeux et qu'elle faisait semblant de lire.
Puis, cinq minutes se passèrent.
Maxime, qui n'était pas la patience même, allait et venait à travers le parloir, jetant, de seconde en seconde, un regard sur le palier de l'étage ou s'arrêtant pour écouter si personne ne venait.
Mais aucun bruit ne se faisait entendre; à peine percevait-on, de temps à autre, au milieu du pieux silence de la sainte demeure, le pas furtif de quelque soeur qui passait au rez-de-chaussée, se rendant à la chapelle ou encore le mystérieux murmure de deux voix qui se parlaient à voix basse.
Maxime commença à s'étonner du retard que Mariette mettait à venir le trouver, et il se tourna vers Gaston.
— Voilà qui est singulier, dit-il; aurait-on par hasard oublié de prévenir ma cousine?
— Ce n'est pas probable, répondit Gaston; il faut croire plutôt que mademoiselle Mariette aura été retenue pour une cause imprévue, et elle nous expliquera elle-même…
— La voici! interrompit vivement le jeune lieutenant de vaisseau.
Et il fit quelques pas à la rencontre de la jolie enfant qui arrivait en courant. Mais elle n'eut pas plus tôt passé le seuil du parloir, que Maxime et Gaston échangèrent le même regard inquiet, pendant que de son côté, soeur Rosalie se levait vivement de sa chaise.
Mariette était seule, et elle portait sur le visage les signes manifestes d'une vive émotion.