Gaston demeura encore quelques secondes.

Mais les fidèles quittaient un à un la chapelle, et il ne pouvait rester davantage. D'ailleurs, Mariette l'attendait.

Il abandonna sa place, passa devant la grille et il se dirigeait vers la porte de sortie, quand tout à coup il s'arrêta terrifié et près de tomber.

Au moment où il passait devant l'autel, un mouvement inattendu s'était effectué parmi les personnes qui passaient devant la grille, une main avait soulevé un coin de la draperie, et un cri de suprême angoisse et de défaillance s'était fait entendre.

Or, à tort ou à raison, dans la voix qui avait poussé ce cri,
Gaston avait cru reconnaître celle de mademoiselle de Beaufort.

Ne se trompait-il pas? Était-ce possible? À tout prix il voulait savoir, et, poussé par un sentiment plus fort que sa volonté même, il fit quelques pas pour se rapprocher.

Mais il n'alla pas loin.

Une rumeur discordante s'entendait maintenant derrière la grille. C'était un brouhaha indescriptible à travers lequel on distinguait des exclamations effarées; la draperie s'agitait par moments, comme par saccades, et des regards violemment allumés s'attachaient au jeune commandant, qu'ils semblaient tenter d'exorciser.

Il en fut presque interdit.

Il avait vu cependant bien d'autres tempêtes, sans en avoir été troublé; mais ici, dans un pareil lieu, après la sensation si vive qu'il venait d'éprouver, il n'eut pas la force de réagir contre sa propre émotion.