— Ah! il n'y a encore que le hasard pour bien faire les choses, répondit Mariette; car sans lui nous n'aurions jamais rien su.

— Et que savez-vous?

— Voici: il faut dire d'abord que l'année dernière nous avions ici pour camarade mademoiselle Irma de Fontanges, une belle jeune fille appartenant à une famille qui malheureusement ne pouvait pas lui constituer une dot. Irma n'ignorait pas ce détail, et elle était bien résignée à passer sa vie dans un cloître, ne voulant pas d'un époux qui l'aurait prise pour sa beauté, et qui plus tard lui aurait reproché peut-être de ne lui avoir rien apporté.

— Quelle idée!

— C'était la sienne, et je suis loin de partager sa manière de voir; car il me semble, au contraire, qu'un homme qui épouse une jeune fille sans dot, lui donne, en agissant ainsi, la meilleure preuve d'amour qu'elle puisse désirer. N'est-ce pas votre avis?

— Assurément.

— À la bonne heure. Je suis bien aise de vous entendre parler ainsi. Enfin, c'était l'idée d'Irma, et quoiqu'elle n'eût pas de vocation, elle était décidée à se retirer au couvent. Mais voilà que tout à coup un oncle à elle, qui était parti pour l'Inde il y avait des années et des années, et dont on ne parlait plus depuis longtemps, vient à mourir subitement, laissant à sa nièce, dont il était le parrain, une fortune de plusieurs millions.

— De sorte qu'elle a renoncé au couvent.

— Tout de suite! Vous auriez fait comme elle, je suppose?

— N'en doutez pas.