— Elle a donc quitté Sainte-Marthe, voilà près d'un an, et il y a trois jours elle est venue nous annoncer qu'elle se mariait.
— Elle n'a pas perdu de temps.
— Il faut toujours en perdre le moins possible.
— Mais je ne vois pas.
— Vous allez voir! Irma est donc venue nous voir l'autre jour, pendant la récréation, et après qu'elle eut satisfait à toutes les questions dont on l'accablait, comme je me rappelais qu'elle était, comme moi, fort liée avec Edmée, je lui ai dit ma tristesse et le chagrin que j'éprouvais que l'on nous eût caché le couvent où elle devait se trouver.
Alors, continua Mariette, Irma montra un grand étonnement, et, en hésitant, elle me confia que le dimanche précédent elle avait vu et embrassé Edmée. — Où cela? demandai-je. — Et elle me répondit que c'était à l'Adoration. — Vous comprenez que je n'ai pas gardé cela pour moi, j'en ai conféré aussitôt avec soeur Rosalie, et c'est elle qui m'a engagée à vous écrire.
— Que vous êtes bonne… et combien je vous remercie! répondit Gaston, touché de la grâce charmante et de l'abandon communicatif de la jolie enfant… Mais vous ne m'auriez pas écrit, que je serais venu tout de même.
— Vous avez reçu une lettre de Maxime?
— C'est cela… une longue lettre de quatre pages.
— Ah! il vous gâte, vous; car moi maintenant, depuis quinze jours surtout, ce sont presque des télégrammes qu'il m'envoie.