— Je vais m'expliquer. Votre temps est précieux, je n'en doute pas, et je comprends que vous ayez hâte de reprendre la mer.
— Sans doute.
— Cependant si je vous priais de ne pas vous éloigner tout de suite, de m'accorder un jour ou deux, pour m'aider dans certaines démarches que je ne puis faire seule ou qui, du moins, acquerraient une grande autorité si je les faisais appuyée à votre bras et recommandée de votre nom.
— Que voulez-vous dire?
— Est-ce trop demander à votre courtoisie?
— Ce n'est malheureusement pas de courtoisie qu'il s'agit, Madame, mais de mon devoir qui m'oblige à reprendre la mer le plus tôt possible.
— Alors vous comptez repartir demain.
— Demain, à l'issue de la cérémonie funèbre.
La jeune femme réprima un mouvement de contrariété, et son regard plongea dans celui du commandant.
— Soit! dit-elle d'un ton nerveux, j'espérais mieux, mais je n'insiste pas. Seulement, dans les délais que vous venez d'indiquer vous-même, pourrai-je compter sur vous?