— Assurément.
— Vous voudrez bien m'accorder votre appui et votre bras?
— Sans doute.
— Ce que je vous demande-là, songez-y, Monsieur, je ne puis le demander à personne autre. Désormais, je suis seule au monde, et si vous me refusiez…
— Mais, par grâce, dites-moi…
— Voici: je vous ai raconté tout à l'heure, que pour le rapt odieux accompli sur ma personne, mon père s'était fait aider par un sien ami, commandant d'un cutter de l'État.
— Eh bien!
— Eh bien… cet homme, je veux le voir!
— Vous savez donc où il est.
— Il habite à quelques milles de la côte, où il vit misérablement! L'infâme action qu'il a commise ne lui a pas profité, et une lettre récente qu'il a écrite à mon père, et que j'ai pu intercepter, témoigne de quelques remords. Peut-être le moment est-il favorable: il doit connaître bien des choses du passé, et qui sait si je ne parviendrai pas à lui arracher quelques aveux. Vous comprenez.