«Il y a non loin de notre premier port de guerre, sur la côte ouest, un petit manoir du quinzième siècle, qui est habité depuis de longues années par une vieille tante de Maxime, la seule parente qui lui reste.

«Elle a soixante-quinze ans: on ne lui en donnerait pas soixante.

«Elle est vive, alerte, bienveillante, avec deux yeux pétillants d'esprit et de malice.

«Dès le jour où je lui fus présentée, je sentis que j'allais l'aimer comme si elle avait été ma mère.

«Elle m'accueillit d'ailleurs tout de suite comme son enfant, et pendant que Maxime allait s'occuper des préparatifs du mariage, je vécus avec elle.

«Au surplus, ce ne fut pas long.

«Maxime avait hâte de m'appeler sa femme; et moi, pourquoi le cacher? j'avais autant d'impatience que lui.

«Ce fut un bien beau jour.

«Nous avons reçu la bénédiction nuptiale dans la petite église du bourg. Nous n'avions autour de nous que quelques amis de Maxime et quelques relations de notre tante.

«Mais, Maxime et moi, nous ne nous occupions guère de cela. Nous avions le ciel dans notre coeur ému d'une sainte émotion, et nous étions heureux! à rendre jaloux tous ceux qui nous regardaient passer.