«Pour le moment, voici ce que nous avons résolu:
«Demain, nous quittons le manoir et nous nous envolons vers Paris:
Tu entends bien, Paris!
«Nous y serons presque en même temps que cette lettre.
«Maxime veut que je voie l'Italie. — Avec lui, j'irais en Chine.
«Prépare-toi donc, mon cher trésor, à revoir madame de Palonnier. Résigne-toi d'avance à recevoir les nombreuses confidences qu'elle grille de te faire, et crois toujours à la profonde et inaltérable affection de ta
«Mariette.»
XIV
La lecture de cette lettre communiqua à Edmée une bien douce émotion, et elle eut pour effet de la distraire pendant quelques minutes des sombres pensées qui assiégeaient son esprit.
La petite pensionnaire de Sainte-Marthe n'avait pas changé. Même au milieu de son bonheur, elle restait la même: vive, rieuse, expansive, incapable de rien dissimuler de ses impressions les plus intimes. Edmée la retrouvait tout entière, et elle souriait à son image charmante qui se représentait à elle, comme aux beaux jours du couvent.
Car maintenant, après les épreuves par lesquelles elle avait passé, sous l'empire du trouble qui lui était resté des événements accomplis, c'est avec une sorte de jouissance pénétrante et douce qu'elle évoquait parfois les souvenirs de Sainte-Marthe.