Nanna.—Afin que le chien, qui est bien attaché à sa chienne, t'offre l'un ou l'autre.

Pippa.—Et s'il me les offre?

Nanna.—Applique-lui un baiser, avec un petit coup de langue, et accepte.

Pippa.—Ce sera chose faite.

Nanna.—Pendant qu'il se couchera au galop, déshabille-toi tout doucement, tout doucement, et marmotte en toi-même quelques paroles entremêlées de certains soupirs. Cela le forcera à te demander, quand tu entreras au lit: «Qu'avez-vous donc à soupirer, mon âme?» Alors, pousses-en un autre à te démantibuler et réponds: «Votre Seigneurie m'a ensorcelée!» En lui disant cela, embrasse-le serré, baise-le, rebaise-le, puis fais le signe de la croix, comme si tu avais oublié de le faire en te couchant; si tu ne veux pas dire de prière ni quoi que ce soit, remue un peu les lèvres, de façon à paraître les dire: il faut être bien élevée jusqu'au bout. Pendant ce temps-là, le scélérat, qui t'attendait au lit comme un homme qui a un appétit d'enragé et qui s'est mis à table avant même qu'on ait posé dessus le pain et le vin, s'aventurera à te peloter les tétons, il plongera toute sa figure dedans, comme s'il voulait les boire; il te parcourra tout le corps, puis descendra peu à peu sa main sur la guenuche, et après lui avoir donné quelques petites tapes, il te pelotera les cuisses; mais les fesses sont une véritable calamité: elles attirent à elles la main, te dis-je, et lorsqu'il les aura festoyées tant soit peu, il essayera de te tâter, en te glissant son genou entre les jambes, pour voir si tu te tourneras, sans oser toutefois te demander cela dès la première rencontre. Tiens-toi ferme, et suppose qu'il se mette à miauler, à faire l'enfant, à vouloir prendre des façons étranges, ne lui tourne pas le dos.

Pippa.—Et s'il m'y force?

Nanna.—On ne fait rien de force à personne, petite folle.

Pippa.—Mais qu'importe que je le laisse me faire cela par devant ou par derrière?