Nanna.—Comment, hein? Il n'y en a pas un qui ne touche le ciel du bout du doigt quand sa bonne amie, qu'il aime tant, au moment qu'il lui glisse la langue entre les lèvres, lui empoigne le machin et, le serrant à deux ou trois reprises entre ses doigts, le force à se redresser; dès qu'il se redresse, elle lui administre une petite secouée, puis le laisse en plan. Après être ainsi restée un tout petit peu, elle te prend les sonnettes dans le creux de la main et les chatouille voluptueusement; puis elle te tapote les fesses, te gratte entre les poils et recommence à te le taquiner, si bien que le concombre, mis en belle humeur, ressemble à quelqu'un qui a bien envie de vomir et qui ne peut pas. Notre galant, sous ces caresses, se prélasse comme un abbé et ne troquerait pas sa béatitude contre celle d'un cochon qu'on gratte; quand il se voit chevauché par celle qu'il comptait chevaucher lui-même, il tombe en pâmoison comme un homme qui achève.
Pippa.—Qu'entends-je?
Nanna.—Écoute et apprends à vendre tes marchandises. Sur ma foi, Pippa, si une femme, que grimpe son amoureux, fait seulement une parcelle de ce que je t'enseigne, elle est apte à lui tirer l'argent des grègues avec plus d'adresse encore que les dés et les cartes ne le tirent de celles des joueurs.
Pippa.—Je vous crois.
Nanna.—Tiens-le pour certain.
Pippa.—Vous voulez que je fasse ce que vous venez de dire avec celui chez qui je serai?
Nanna.—Oui, fais-le.
Pippa.—Comment m'y prendre, s'il est sur moi?
Nanna.—Il manque bien de moyens de le jeter à bas!
Pippa.—Montrez-m'en un.