Pippa.—Ne perdez pas de temps, parce que je veux que vous me disiez comment il faudra m'ôter et me mettre le fard; je veux également savoir s'il vous convient que j'emploie les maléfices, les sorcelleries et les charmes, oui ou non.
Nanna.—Ne me parle pas de semblables balivernes, bonnes pour les sottes. Les charmes, ce seront mes recommandations savoureuses, toujours fraîches à ta mémoire; pour ce qui est de se farder, je te dirai comment tu dois faire. Les moines m'appellent; ils me crient de te dire que désormais les femmes leur puent au nez, que la faute en est aux prêtres, aux généraux, aux prieurs, aux ministres, aux provinciaux, et que toute la séquelle s'est affiliée à la ligue des révérends et des révérendissimes; que lorsqu'ils couchent avec une femme, ils en font autant de cas que des victuailles un homme qui vient à l'instant même de souper à crève-panse. Bien qu'on leur chante la chanson qu'on chante aux vieux, c'est-à-dire:
Lima, lima, limaçon;
Pousse en avant les trois cornes,
Tes trois, tes quatre,
Et celles du maréchal,
la leur ne se lève pas tant que leurs maris ne viennent pas se coucher près d'eux.
Pippa.—Oh! est-ce que les moines et les prêtres ont des maris?
Nanna.—Plût au ciel qu'ils eussent aussi bien des épouses!
Pippa.—Au feu!
Nanna.—Je voudrais te le dire;... mais je ne veux pas te le dire.
Pippa.—Pourquoi non?