NOTE
Pour la Lorenzina, on en a déjà parlé plus haut; la Ciabattina, c'est-à-dire la Savetière, était aussi une des plus jolies courtisanes romaines et une de celles dont les faveurs coûtaient le plus.
SONNET XIV
Foutu petit Cupidon, ne tire pas
La brouette, arrête-toi, double mulet,
Je veux faire l'amour dans la bonne voie et non dans la prohibée
A celle-ci qui me prend le cas, et je m'en ris.
Je me fie aux jambes et aux bras,
Je suis dans une position si incommode que je ne t'adore point en ce moment.
Un mulet crèverait à rester une heure ainsi,
Et pourtant seulement par derrière je souffle et crie.
Mais vous, Béatrice, si je vous fais peiner,
Vous devez me pardonner, car je montre
Que faisant l'amour mal à l'aise je me consume.
N'était que je me mire au miroir de vos hanches,
Les tenant suspendues sur l'un et l'autre bras,
Nous ne finirions jamais notre besogne.
O hanches de lait et de pourpres,
Si votre vue ne me donnait du cœur,
C'est à peine si mon cas se tiendrait droit.