—Mon Dieu! mon Dieu! murmura Mignonne affolée et frissonnant à la pensée du péril terrible auquel venait d’échapper son amant.

—Fort heureusement encore, poursuivit Gaston, j’ai fait un conte à l’oncle Joseph, et il est tout disposé à le croire si vous ne vous trahissez pas.

—Que faut-il faire?

—Affirmer ce que j’ai avancé, à savoir que M. de Lancy est venu vous attendre à la sortie du village et qu’il vous a poursuivie de ses galanteries jusqu’au pied de cet arbre où vous vous êtes assise pour vous reposer.

—Je le dirai, fit Mignonne avec soumission.

—Et insister surtout, si l’oncle Joseph vous questionne, sur ce que vous n’aimez pas du tout M. Albert de Lancy.

—Mais...

—Il n’y a pas de mais; cela est indispensable.

—Soit, mon cousin.

—N’avez-vous plus confiance en moi, Mignonne?