—Et puis? fit Dragonne.
—Et la femme que j’aimerais, cette femme entrevue au seuil de la jeunesse, à travers le prisme de notre imagination, dont le regard est une caresse, le sourire une espérance, les chastes baisers un bonheur sans fin; je la voudrais posséder sans témoins, loin de tout et de tous; passer ma vie à ses genoux; refaire à mon âge mûr une jeunesse de son amour, à ma vieillesse inclinée une enfance étourdie et folle de nos mutuels et doux souvenirs.
—Rêve charmant, murmura Dragonne.
—Vous avez raison, c’est un rêve.
—Pourquoi ne se réaliserait-il point? fit-elle en rougissant.
Gaston étouffa un cri.
Puis il prit la main de Dragonne et lui dit avec passion:
—Croyez-vous qu’on puisse trouver cette femme?
Dragonne rougit encore et baissa pudiquement les yeux.
—Il y a, fit-elle bien bas, une parole de l’Évangile qui dit: «Cherchez, et vous trouverez...»