—Peu importe que vous l’ayez encore... Et elle se nommait Azurine?

—Oui, mademoiselle... mais croyez que jamais...

Dragonne garda le silence une minute.

—Mademoiselle Azurine, dit-elle enfin, peut être une personne charmante qu’il y aurait de la maladresse à délaisser.

—Bon, se dit Gaston, le dépit est un des meilleurs champions de l’amour; elle m’aime!...

—Et pourquoi, continua-t-elle sans aigreur, naturellement, et comme si elle eût parlé d’une chose absolument insignifiante, pourquoi ne point avouer hautement la femme qui a cru assez en vous pour vous faire un sacrifice?

Gaston, qui s’abusait sur la tournure que semblait prendre cette explication nocturne, avait reconquis peu à peu tout son sang-froid; il s’aperçut donc qu’ils étaient sans lumière, et il s’excusa en termes polis et empressés.

—Tout à l’heure, reprit Dragonne, vous allumerez les flambeaux; causons encore un peu. Nous n’avons, pour le moment, nul besoin d’y voir.

Un nouveau silence suivit cette phrase.

Gaston en profita pour s’approcher de mademoiselle de Lancy; il s’assit auprès d’elle et voulut lui prendre la main.