—Vous avez encore de longs jours à vivre, mon père; mais si Dieu vous reprenait à moi, vous et maman, eh bien! n’y a-t-il pas des couvents, de saintes maisons où se réfugient et trouvent le repos ceux qui ont souffert et qui pleurent?

—Petite folle! murmura le marquis, pourquoi ces tristes et vilaines idées?

—Pourquoi, mon père?... Mais...

—Chut! mademoiselle, et écoutez-moi bien attentivement.

—Je vous écoute, mon père.

—Comment trouvez-vous M. de Launay?

Dragonne tressaillit et rougit; puis une pâleur mortelle envahit ses joues.

—Je ne sais, balbutia-t-elle.

—Je le trouve charmant moi, dit joyeusement le marquis, et si les renseignements que je ferai prendre adroitement répondent à l’opinion que j’ai déjà de lui, eh bien, morbleu! il ne tiendra qu’à lui et à toi, ma chère petite Dragonne...

Dragonne sentit tout son sang refluer vers le cœur, et le courage dont ce cœur s’était pourvu chancela.