—Pardonnez-moi, reprit Gaston, de vous avoir, selon toute apparence, dérangé de votre chemin, mais je me trouve en un embarras extrême.

—Que je devine, monsieur, car je le vois, vous êtes étranger à ce pays.

—J’y viens pour la première fois.

—Et vous vous êtes égaré au milieu de nos ravins et de nos bruyères.

—Précisément, en véritable Parisien qui ne doute de rien absolument.

—Ah! vous êtes de Paris?

—Oui, monsieur.

—Et puis-je vous demander où vous allez?

Gaston allait décliner son nom et le but de son voyage; une réflexion l’arrêta: Si je parle de mes oncles, se dit-il, je n’apprendrai absolument rien sur eux, et je ne serais cependant point fâché de savoir de quelle réputation ils jouissent: mon père m’en avait toujours parlé comme de vrais sauvages; en outre, je tiendrais fort à avoir quelques détails sur la beauté si vantée de ma cousine Mignonne. Gardons l’incognito.

Et il répondit: