—Quand mes foins sont mûrs, je les fauche; il ne faut pas attendre l’hiver.
—Eh bien! vous êtes aimable! murmura la meunière piquée.
—Ne m’as-tu pas dit que tu vieillissais?
Rose ne répondit point d’abord; mais elle se pendit au cou du fermier, lui mit un gros baiser sur les joues, et lui dit en le menaçant du doigt:
—Ah! si vous n’étiez pas un homme d’âge!
Le père Estival s’en alla guilleret et léger, comme s’il avait, au moulin, troqué sa cinquantaine contre les vingt ans dont la meunière se plaignait.
A la porte de la ferme, il rencontra Clément.
Clément était grave et pâle comme tout héros d’un roman bien conduit. Il aborda son père avec un salut cérémonieux qui donna fort à penser au bonhomme.
—Mon père, lui dit celui-ci, je vous cherchais.
—Et moi aussi, répondit le fermier.