Les deux vieux gentilshommes se levèrent et serrèrent la main à Gaston.

—Demain soir, reprit Gaston, après une certaine chasse au sanglier, que je dois faire avec mam’zelle Dragonne...

L’oncle Antoine, nous l’avons dit, était en veine de férocité régulièrement tous les soirs; ce mot de chasse au sanglier lui inspira cette charitable formule:

—Si nous pouvions espérer un brave coup de boutoir...

—Ta ta ta, répondit Gaston en riant, ceci pourrait parfaitement arriver. Bonne nuit, mes chers et dignes oncles.

Et il demeura seul avec Mignonne, toute rougissante de se trouver en tête-à-tête avec un beau monsieur de Paris, dont le costume élégant et les manières aisées lui imposaient un peu.

Gaston prit sa cousine par la main et la conduisit au grand fauteuil de cuir de Cordoue, dans lequel, en hiver, M. le baron Joseph de Vieux-Loup, seigneur de la Châtaigneraie, présidait les longues veillées.

—Asseyez-vous là, lui dit-il, ma chère cousine; je veux causer avec vous.

—Monsieur... balbutia Mignonne, qui rougissait toujours.

—Et d’abord, continua Gaston en riant, appelez-moi donc «mon cousin,» car je le suis, et soyons tout de suite comme de vieux amis qui ont à se faire des confidences.