—Vous devriez me laisser en tête-à-tête avec elle, je commencerais ma cour et je la mettrais dans le secret.
—Déjà?
—Le plus tôt est toujours le meilleur.
L’oncle Joseph fit part de la demande de Gaston à son frère Antoine, lequel répondit par un regard d’approbation.
Quelques phrases insignifiantes furent échangées, puis le baron de Vieux-Loup se leva.
—Mignonne, ma chère belle, dit-il, tu sais que mon frère Antoine et moi nous sommes vieux et nous nous couchons comme les poules.
—Oui, répondit Mignonne avec une jolie moue pleine de mutinerie, ce qui fait que je suis obligée d’en faire autant, et c’est bien ennuyeux.
—Aussi, continua l’oncle Joseph avec non moins de câlinerie que naguère son frère Antoine; aussi, ce soir, allons-nous te servir à ton goût. Antoine et moi nous allons nous coucher et nous te laissons avec ton cousin qui voudra bien t’accorder un quart d’heure avant de redescendre au village.
—Comment! s’écria la jeune fille étonnée; mon cousin ne loge point ici?
—Non, dit Gaston en souriant, pour ce soir, au moins. Je vous expliquerai cela tout à l’heure.