L’excuse était plausible; Dragonne l’admit sans la moindre hésitation.
—Eh bien! dit-elle, apprêtez-vous, nous allons partir...
—Avant le jour?
—Mais sans doute, car nous avons une bonne trotte d’ici au bois où nous chasserons.
—Ah çà! fit Gaston, ce n’est donc pas une plaisanterie que ce projet d’attaque téméraire?
—Non, certes.
—Et vous n’avez pas de chiens?
—Un seul, une seule plutôt, car c’est une lice, une vaillante bête, qui donne rarement de la voix et a le nez d’enfer, comme on dit. Elle nous conduira droit à la bauge... Ah! c’est que, continua Dragonne tout bas, pour n’être point entendue du jardinier demeuré à l’extérieur, j’ai du nouveau à vous apprendre. Le garde-chasse de la Fauconnière a découvert dans le bois des Verrières les brisées d’une laie et de ses marcassins.
—Oh! oh! ceci vaut mieux qu’un sanglier.
—Je le crois bien! répondit Dragonne avec une joie d’enfant; ce sera un véritable combat.