Pâle et blême, les yeux encore ouverts, le marquis avait, dans la mort, une expression de douceur et de beauté qui impressionna vivement le témoin de sa dernière heure.
Tony, d'abord, lui ferma les yeux, puis l'embrassa et s'agenouilla.
Quelle inspiration d'en haut lui vint pendant sa courte prière? Nous ne saurions le dire. La vérité est qu'en se relevant, le jeune homme s'écria:
—Monsieur le marquis, je demandais qui protégerait votre veuve et qui vous vengerait. Eh bien, ce sera moi!
Et Tony, étendant la main sur le cadavre, ajouta solennellement:
—Je le jure!!!
Puis il déposa un dernier baiser sur le front du gentilhomme, remercia de nouveau le gardien et sortit.
Un quart d'heure après, Tony entrait chez mame Toinon et lui disait:
—Je veux aller à l'Opéra!...
La costumière jeta un cri de joie, sans avoir le soupçon des graves événements que cette soirée allait préparer, et se hâta tellement qu'elle ne vit pas même son commis serrer le coffret qu'il portait, dans un vieux bahut dont il avait la clef...