Un mousquetaire, qui venait au bal en quittant son service, charmé par les belles épaules, le léger embonpoint et le pied finement cambré de mame Toinon, papillonnait autour d'elle et lui disait mille galanteries.

Tony profita de la circonstance pour abandonner mame Toinon et se mettre à la recherche de la pauvre veuve.

Mais la foule était nombreuse, difficile à fendre, et notre jeune héros erra pendant un bon quart d'heure avant d'avoir aperçu celle qu'il cherchait.

Tout à coup, un homme dont le visage était découvert et qui portait un manteau rouge, passa près de lui.

Tony le reconnut sur-le-champ.

C'était ce gentilhomme qui avait tué l'infortuné marquis. C'était le comte Gaston de Lavenay.

—Il doit chercher la marquise, pensa Tony.

Et il se mit à le suivre. Il le vit errer à travers le bal, puis s'arrêter soudain.

Il s'arrêta aussi. Le comte fit tout à coup quelques pas en avant et salua. Il était en présence de la marquise de Vilers, dont le masque s'était détaché un instant, et qu'il avait aussitôt reconnue, bien que ne l'ayant pas vue depuis quatre longues années.

—Bonjour, marquise, dit le comte d'un air railleur.