Le comte, stupéfait, anéanti par une semblable insulte, étouffa un cri et fit un pas en arrière.
Puis il regarda son agresseur.
Tony n'était qu'un enfant, mais il avait l'oeil étincelant, les lèvres pâles, et il appuya la main sur la garde de l'épée qu'il portait pour la première fois, avec tant de fierté et de résolution que le comte de Lavenay comprit qu'il avait devant lui un adversaire sérieux.
—Vous êtes un lâche, répéta froidement Tony.
La marquise reconnut son vis-à-vis de tout à l'heure.
—Ah! chevalier, dit-elle, éperdue.
Ce titre qu'elle donnait à Tony acheva de faire illusion.
Le jeune Tony était beau; il était bien tourné; il portait galamment son habit de gentilhomme.
Le comte ne douta pas un instant qu'il eût affaire à un homme parfaitement né.
—Ah! mon petit monsieur, dit-il, je vais vous couper les oreilles sur l'heure.