—Au secours! cria Tony.
Mais la place était déserte, et personne ne vint.
—Tais-toi, dit le marquis, c'est inutile... seulement écoute-moi... et jure-moi de faire ce que je te dirai.
—Je le jure, répondit le jeune homme.
—Il y a, reprit le marquis, dans ma chambre à coucher, une armoire dont j'ai la clef sur moi; dans cette armoire, tu trouveras un coffret d'ébène... et... tu le porteras...
Un hoquet interrompit le moribond qui, laissant sa phrase inachevée, ouvrit cette brusque parenthèse:
—Surtout n'en dis rien à ma femme... avant demain. Elle veut aller ce soir au bal de l'Opéra. Que le dernier désir... que je lui aie entendu formuler... hélas!... soit au moins réalisé... Tu te présenteras à l'hôtel tout à l'heure... Mon valet de chambre Joseph... t'ouvrira; tu lui montreras cette clef... et tu prendras le coffret... tu le porteras à mon ami... le baron...
Le marquis n'eut point le temps de prononcer le nom du baron; il se souleva violemment, poussa un soupir, puis renversa la tête et tomba sur le sol.
—Ah! il est mort! s'écria Tony.
Pour la première fois de sa vie, le jeune homme se trouvait dans une de ces situations qui commandent à la fois la prudence et l'énergie.