Il rendit tous les saluts; mais il s'en alla droit à la porte fermée de mame Toinon et frappa.

La porte s'ouvrit.

Mame Toinon, tout en larmes, aperçut Tony, jeta un cri de joie et lui passa les deux bras autour du cou.

—Ah! tu es bon, mon enfant, dit-elle, tu es bon et généreux de n'être point parti sans venir me voir...

Et la pauvre femme, dont le coeur débordait à cette heure, se prit à couvrir son fils adoptif de tendres caresses.

—Ah! patronne, ah! ma mère, murmurait Tony, qui sentait son coeur se briser, je ne suis point un ingrat, allez! je ne vous oublierai pas... et puis je reviendrai un beau jour avec un grade... Je serai officier... Et alors je dirai avec orgueil que vous m'avez servi de mère...

Chacune des paroles de Tony entrait au coeur de mame Toinon comme un coup de poignard.

Tony se méprenait encore sur l'affection de sa mère adoptive comme elle s'était longtemps méprise elle-même.

La pauvre femme ouvrit un bahut, en retira une médaille d'or et la passa au cou du jeune homme:

—Ceci, dit-elle, te portera bonheur; c'est une médaille bénite.