Par un raffinement de délicatesse, il avait évité même de lui parler de son amour, et des conditions imposées par sa passion sans merci.

Il avait accordé à la marquise dix jours de réflexion. Il voulait la laisser en paix pendant ces dix jours.

Il avait fait plus.

Pour qu'Haydée ne s'ennuyât point, il avait envoyé à Paris un exprès, afin de mander auprès d'elle sa soeur Réjane qui lui tiendrait compagnie.

Une heure encore et le délai allait expirer...

Depuis quelques jours, le magnat avait demandé à la marquise la permission de prendre ses repas avec elle. Fatiguée de la solitude, madame de Vilers n'avait pas refusé. Elle ne se défiait plus, du reste, des mets que lui présentait le comte, espérant qu'il n'agirait avec elle que par persuasion et qu'il n'emploierait ni force ni surprise. Le soir où nous sommes, le comte et madame de Vilers dînaient ensemble dans les appartements de celle-ci.

Au dessert, le magnat se leva:

—Le dixième jour est expiré, dit-il d'une voix émue. Haydée, quelle est votre décision? Voulez-vous m'aimer?

—Non!... répondit-elle.

—Réfléchissez encore!...