Il commença donc par demander brusquement au jeune homme l'emploi de son temps, à partir du moment où il avait quitté Paris pour se rendre en mission.

—Mon colonel, répondit Tony, j'ai, ainsi que j'en ai reçu l'ordre, suivi la route parcourue par le capitaine de Maurevailles, choisi ce château pour vous et votre état-major, retenu les provisions nécessaires...

—Vous savez bien que ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Allons, pas de tergiversation. Parlez.

Tony se tut. Le marquis de Langevin reprit:

—Je vous demande de quel droit vous vous mêlez des affaires particulières de votre capitaine.

Le jeune homme pâlit.

—Mon colonel, dit-il, je ne puis répondre à cette question que devant vous et vous seul...

—Il s'agit d'une faute contre la discipline. Ces messieurs doivent être éclairés comme moi.

—Alors, mon colonel, faites-moi fusiller tout de suite... Il est des choses que, même devant un conseil de guerre, je ne déclarerais pas!...

—Une nouvelle mutinerie, petit drôle?... s'écria le colonel furieux.