—Eh bien! on te l'amène mort; il ressuscite... vas-tu le laisser mourir de nouveau?
—Non pas, puisque je vais prévenir le greffier...
—Belle idée!... Mais tu ne comprends donc pas que si le marquis n'a pas été porté chez lui, que si on n'est pas venu le reconnaître, que si ce joli petit jeune homme qui pleurait près de lui hier soir, n'a pas osé le réclamer, c'est qu'il y a dans tout cela un mystère.
—Tiens, c'est vrai, pourtant, dit le bonhomme intrigué et émerveillé de la sagacité de sa femme.
—Eh bien, si tu le laisses entre les mains du greffier, ça fera du bruit, on saura qu'il est vivant, ça ennuiera celui-ci ou celle-là et peut-être bien le marquis lui-même. Et qu'est-ce que nous y gagnerons?
—Mais que faire?
—Ne rien dire, le cacher et le soigner. Ses ennemis le croiront mort, ils ne se méfieront pas de lui et il déjouera leurs canailleries. Naturellement il ne sera pas ingrat... Comprends-tu?
Il n'y avait rien à répondre à une si belle logique. Le gardien se rangea à l'avis de sa femme.
M. de Vilers, sorti du caveau, fut porté dans leur logement.
Grâce à leurs soins, il reprit rapidement des forces, et au bout de quelques heures, il put parler.