—S'il en est ainsi, reprit le colonel, en s'élançant vers le mur, je saurai bien le trouver moi-même.

Il se mit à tâter la tapisserie...

Le magnat le regardait faire avec un sourire ironique.

—Ah! s'écria tout à coup le marquis... ce tableau!

Sous sa main qui tâtait la toile, il avait senti comme des vibrations... Derrière le tableau, le mur manquait...

Le magnat fit un mouvement pour lui barrer le passage. Mais il était trop tard. Le colonel, tirant son épée, avait fendu le tableau, du haut en bas.

Une ouverture béante s'était montrée à ses yeux.

Il s'y engagea sans hésitation et, guidé par le bruit et la réverbération d'une vague lumière, se mit à parcourir à grands pas les couloirs.

Le chemin, du reste, était facile à suivre. Les mares de sang le lui indiquaient assez, et de distance en distance, funèbres jalons, des mourants se tordaient dans les convulsions de l'agonie.

Si vite qu'il allât, le colonel remarqua, non sans un sombre plaisir, qu'aucun des morts ou des mourants ne portait l'uniforme blanc des gardes-françaises.