Mais, une fois dans les appartements, le brave soldat, qui grelottait de froid et qui avait hâte d'aller prendre des vêtements secs, prit congé du marquis et se mit à courir vers sa tente.
Quant à M. de Langevin, il regagna sa chambre à pas lents.
Malgré les fatigues de la soirée, il n'éprouvait aucun besoin de sommeil, ses émotions avaient été trop vives!
En dépit du froid, il ouvrit la fenêtre et jeta un regard distrait sur la partie du parc qui s'étendait devant ses yeux et où le campement avait été dressé.
Tout à coup, sur le chemin qui contournait le flanc du château, il aperçut, venant vers lui, deux hommes à l'uniforme blanc et bleu des gardes-françaises.
La lune éclairant en plein la route, il sembla au colonel qu'il reconnaissait ces deux hommes.
La Rose et Tony!...
Dans la douleur, on se raccroche au moindre espoir. Le marquis se précipita hors de sa chambre.
La route que suivaient les deux soldats pour arriver au campement faisait autour des fossés de longs détours et passait presque sous les fenêtres du colonel. Il n'eut donc pas de peine à les rejoindre.
C'étaient bien le jeune caporal et son brave ami, le Gascon, tous deux ruisselant d'eau et grelottant. Comme le Normand, ils couraient vers le camp pour se sécher et changer d'habits.