—Oui...

—Et tu ne te souviens pas du nom de l'endroit?

—L'ai-je jamais connu? Je ne pourrais le dire...

—Mais, la maison, la maison de ton père nourricier, où était-elle située?

—Attendez.. je crois vous l'avoir dit. Devant, il y avait des prés, une clôture verte; derrière, le jardin par lequel j'ai fui...

—Et c'est tout? Il n'y a pas un objet qui reste gravé dans ton esprit?

—Un objet?

—Au carrefour du chemin qui passait devant la maison?

Tony mit sa main devant ses yeux, comme pour revoir en lui-même le tableau des souvenirs lointains qu'évoquait le marquis.

—An! je me souviens, je me souviens! s'écria-t-il tout à coup... oui.. au bout du chemin, une grande croix de pierre, toute moussue, près de laquelle ma bonne nourrice me menait jouer... Est-ce bien cela, mon colonel?