Enfin le hasard avait voulu que le nom qui sortît du chapeau fût justement celui du seul des trois Hommes Rouges auquel elle s'intéressât.—Car nous avons déjà dit qu'elle n'avait pas reconnu son beau-frère, le marquis de Vilers, qui, le visage caché par son manteau, s'était tenu à l'écart, dans l'ombre.

Maurevailles! c'était Maurevailles que le sort désignait.

Maurevailles, celui que son amour naissant avait pris pour objet... A quelle oeuvre était donc réservé Maurevailles?

Quelle était la destinée de celui dont le nom était sorti? Était-ce pour le sauver ou pour le perdre, pour le justifier ou pour le condamner qu'on avait chargé le sort de choisir un des quatre gentilshommes? Palpitante, Réjane voulut savoir. Elle congédia sa suite, revint se blottir derrière la tenture qui fermait la pièce et écouta... Là, elle apprit le mystère. Vilers, le mari d'Haydée, vivait, mais renonçait à elle et parlait de mourir... et c'était Maurevailles qui, les délais accomplis, comptait lui succéder!... Oh! cela était horrible, impossible! cela ne pouvait pas s'accomplir!... Et voilà pourquoi, saisissant la main de Maurevailles, Réjane entraîna dans une autre salle le jeune officier ébahi:

—Vous n'obéirez pas à ce pacte infâme, lui dit-elle d'un ton suppliant.

—Mais, qui vous a dit?...

—Je sais tout. J'ai écouté!

—Vous!!!

—Il ne s'agit pas de moi. Il s'agit d'un gentilhomme, d'un officier, qui veut se faire assassin, car ce serait un assassinat véritable que de forcer le marquis à mourir!

—Mais, si vous avez tout entendu, vous devez savoir qu'un serment implacable nous lie...