XXVII

LA CAGE

Toute rougissante de l'aveu qui venait de lui échapper, Réjane se retira à l'autre extrémité de la pièce, n'osant plus regarder Maurevailles dont un mot allait être son arrêt.

Celui-ci, cloué sur place par la stupéfaction, hésitait à répondre.

Il n'avait jamais pensé à aimer cette enfant. La seule raison qu'elle était la soeur d'Haydée eût suffi pour l'en empêcher...

Et maintenant que le sort venait de le désigner pour être l'époux de la marquise, maintenant plus que jamais, il n'était pas libre de disposer de son coeur.

Certes, de nos jours, plus d'un homme eût avec bonheur renoncé aux bénéfices des clauses du serment pour avoir le droit de partager l'amour de cet ange qui s'offrait si ingénument, si loyalement. Mais à cette époque de raffinements d'honneur, le même sentiment exagéré qui avait causé la démarche de Vilers, auprès de ses anciens amis, retenait Maurevailles.

—Je ne puis pas, se disait-il avec regret, me dégager de mon serment... Je dois être l'époux d'Haydée... Vilers meurt pour sa parole... Je ne puis aimer une autre femme sans déloyauté...

Tout à coup un bruit étrange se fit entendre autour d'eux. On eût dit le froissement du fer contre le fer... Réjane tourna la tête et poussa un cri.