Naturellement on ne tenait pas à ébruiter l'affaire, mais encore le comte de Mingréli ne pouvait-il refuser aux cadavres de ces malheureux les bénédictions d'un prêtre.

Après avoir fait creuser des fosses dans une partie reculée du parc, l'intendant avait prié le curé du village de venir dire un service.

Il se rendit avec ce prêtre à l'appartement du magnat pour prendre ses nouveaux ordres.

Le magnat n'était pas chez lui.

L'intendant se mit à sa recherche; chez la marquise de Vilers, on n'avait pas vu le comte. Où donc était-il?

Le traban alla ensuite auprès du marquis de Langevin, qui, connaissant les projets des Hommes Rouges et comprenant la fureur dans laquelle devait les plonger l'affront qu'ils avaient subi, fut saisi de la crainte qu'ils ne se fassent vengés sur le magnat.

Il donna ordre de les appeler immédiatement. Mais tandis qu'on les cherchait, Maurevailles lui fit demander un entretien.

Le chevalier était pâle. L'horrible scène, dans laquelle il venait de jouer un des principaux rôles, l'avait profondément ému. Tant qu'il lui avait fallu lutter contre le magnat et songer à sauver Réjane, son énergie ne lui avait pas fait défaut.

Le danger passé, elle l'abandonnait.

Et puis, quoique le magnat eût tout mis en oeuvre pour le faire mourir, il ne pouvait se résoudre à cette idée de laisser un homme enterré vivant. C'eût été le remords de sa vie.