—Alors, mon plan vous va?...
—C'est-à-dire que si je n'avais été de l'expédition, je me serais pendu de rage...
—Eh bien, sergent Tony, car vous êtes sergent, maintenant...
—Grâce à vous, monsieur du Clos, qui, je l'espère, serez demain matin lieutenant ou capitaine...
—Ou tué! dit en riant le jeune cornette.
—Oh! ne parlez pas de cela.
—Peuh! mon ami, c'est le sort auquel doivent s'attendre tous ceux qui vont en guerre. Il faut qu'il en meure beaucoup pour faire de la place aux autres... Mais organisons notre expédition. Qui habillons-nous en paysans?
Il y avait là quatre soldats du régiment de Bourgogne et quatre gardes-françaises: on n'avait pas voulu qu'il y eût de la jalousie entre les deux régiments.
—Eh! là-bas, toi, tu m'as l'air d'un homme solide, dit du Clos à l'un, des gardes. Comment te nomme-t-on?
—C'est le Normand, dit Tony, un brave dont je réponds. En outre, taciturne en diable, il ne nous trahira point par ses paroles.