Réunis dans Charleroi, où leur régiment prenait quelques jours de repos, Maurevailles, Lavenay et Lacy examinaient la situation.

Elle était singulièrement améliorée.

—D'abord, faisait observer Lavenay, nous n'avons plus continuellement à nos trousses ce petit diable incarné que le marquis de Langevin avait pris sous sa protection, et qui, je ne sais pourquoi, avait la manie de se mettre constamment en travers de nos affaires...

—C'est vrai, dit Maurevailles, Tony s'est fait tuer...

—Pauvre garçon! C'était un brave, après tout, messieurs, s'écria Lacy.

—Je suis loin de le nier, et je ne vous cache pas, que j'aime mieux qu'il ait eu la mort glorieuse du soldat que celle qu'il a risquée tant de fois en face de nos épées...

—Il est mort victime de sa témérité. Nous n'y pouvons rien. Quant à Vilers...

—Vilers a tenu sa parole, il s'est fait tuer...

—La situation de Maurevailles est donc bien nette. Il ne lui reste plus qu'à se faire aimer de la marquise...

—Eh, messieurs, dit Maurevailles, ce ne sera peut-être pas si facile que cela vous semble...