Le suisse, ayant ordre de ne pas contrarier la jeune fille, haussa les épaules et rentra dans sa loge. Babet suivit ainsi Réjane jusque dans le boudoir.

—Ici vous pouvez parler, dit la pauvre enfant. Que me voulez-vous?

—C'est un paquet que j'apporte.

—Un paquet?

—Oui, pour madame de Vilers.

—Ah! fit Réjane désappointée. Et qu'y a-t-il dans ce paquet?

—Un coffret. Voici l'histoire. Je vous ai dit que j'étais la servante de mame Toinon, la costumière, qui est partie en me laissant la garde de la maison. Ce départ a naturellement été connu dans le quartier. Cette nuit, des voleurs sont entrés, ont tout brisé, tout fracturé, tout emporté. Ils n'ont laissé que ce qui leur a paru ne rien valoir pour eux.

—Eh bien, dit Réjane, pour qui tout ce qui ne concernait pas Maurevailles était indifférent, en quoi, ma bonne femme, puis-je vous être utile?

—Oh! en rien, mademoiselle. Dieu merci, les quelques valeurs de ma patronne, que j'ai cachées moi-même en lieu sûr, n'y ont point passé... Mais voici pourquoi je viens:

Parmi les objets laissés par les voleurs, se trouve un coffret dont ils ont brisé la serrure. Ce coffret, que je ne connaissais pas à mame Toinon, ne contient qu'un manuscrit signé: «Marquis de Vilers».