Ce qui l'avait frappée, lorsqu'elle y avait jeté les yeux, c'était un nom plusieurs fois répété: le nom de Maurevailles.

Ce nom avait, pour elle, prêté immédiatement au manuscrit une valeur inexprimable.

Si elle avait eu de l'argent sur elle, elle eût tout donné à Babet pour avoir ce manuscrit.

Mais, ayant la poche vide, elle avait offert son bracelet.

Maintenant elle lisait, ardemment, fiévreusement, concentrant toute son attention sur ce récit auquel était mêlé celui qu'elle aimait.

D'abord, ce ne fut pour elle qu'un amas de mots confus, desquels sortaient seuls les noms propres.

Puis, peu à peu, le jour commença à se faire dans son esprit. Le manuscrit—que nos lecteurs connaissent—racontait le serment fait devant Fraülen, et expliquait les causes de la froideur de Maurevailles pour toute autre qu'Haydée, qu'il était condamné à aimer de par la parole donnée.

A mesure qu'elle lisait, une réaction se faisait dans son esprit bouleversé. Quand elle eut fini, la raison lui était revenue...

Haydée n'aimait point et ne pouvait aimer Maurevailles.

C'était donc à la jeune fille de se faire aimer de lui...