Elle se demanda comment elle n'y avait pas plus tôt pensé.
Réjane n'était donc plus folle? Bien au contraire, elle causait fort sagement. La foi en le baron de Chartille, l'espérance d'être mariée par lui à Maurevailles, l'avaient comme ressuscitée.
Quelques minutes d'entretien convainquirent la marquise de cette réalité si heureuse!
Elle donna l'ordre de partir immédiatement pour Saint-Germain.
La route parut longue aux deux femmes qui avaient hâte de voir le vieux baron et de savoir ce qu'il déciderait en cette affaire.
Cependant, le postillon, pressant un peu les chevaux, on arriva enfin à l'hôtel de Chartille.
Le baron, selon sa coutume, était dans son grand fauteuil. Il tenait ouvert sur ses genoux le célèbre Traité de Vénerie, de Jacques du Fouilloux, livre spécial, dédié à Charles IX, et qui était alors comme un oracle dans cette science aujourd'hui tombée en désuétude.
En apercevant les deux jeunes femmes, le baron ferma vivement son livre et se leva militairement.
—Bénis soient les dieux! s'écria-t-il avec un fin sourire, puisqu'ils m'amènent en ce jour si charmante compagnie! C'est bien à vous, marquise, de n'avoir pas oublié le vieux solitaire et de venir le voir dans son ermitage...
Mais remarquant tout à coup le voile de tristesse qui s'obstinait à altérer le sourire de la marquise: