—Ma mère!... dit le blessé, dont le visage s'illumina d'une expression de béatitude.
Ainsi, il l'appelait sa mère! Lui-même ne voulait être que l'enfant de mame Toinon...
Et la pauvre exaltée, ramenée par cet unique mot au sentiment réel des choses, eut le courage de refouler dans son coeur toutes ses pensées de femme pour n'être plus que mère.
—Que veux-tu, cher enfant? demanda-t-elle avec empressement en ne pensant déjà plus aux rêves fous qu'elle venait de faire, pour ne plus songer qu'au rôle maternel dont elle s'était chargée.
—Ma mère! répéta Tony.
Mais la fièvre du malade augmentait. Faisant, pour se soulever, des efforts qui lui arrachaient de sourds gémissements, il semblait se débattre contre un ennemi inconnu. Dans son délire, il poussait des cris terribles, appelant ses amis à son aide, repoussant mame Toinon qui s'efforçait en vain de le contenir et de le calmer.
La pauvre femme, effrayée, envoya au plus vite chercher le médecin. En apercevant le malade, celui-ci hocha la tête:
—Voilà la crise que j'appréhendais, dit-il. Elle peut le sauver, elle peut l'emporter.
—Mais ne sauriez-vous calmer cette horrible fièvre?
—Eh! je n'ose l'essayer... Écoutez: vous m'avez dit, je crois, que vous aviez de l'argent?...