—Il paraît, pensai-je, que la belle comtesse n'a pas jugé convenable de lui parler du petit service que je lui ai rendu à Paris.

Puis, comme le magnat ne m'adressait que quelques paroles insignifiantes et semblait désirer que sa fille demeurât avec lui, je pris congé:

—Comtesse, dis-je en me retirant, m'accorderez-vous, cette nuit, l'honneur de vous faire valser?

—Avec plaisir, me répondit-elle, en m'enveloppant de ce sourire qui m'avait déjà enivré. Venez me chercher quand on valsera.

Elle prit alors à sa ceinture le petit bouquet que chaque danseuse, en Allemagne, a coutume de confier à son danseur, et elle me le donna en ajoutant:

—Vous me le rapporterez.

Je m'éloignai et voulus me perdre dans la foule, mais Gaston de Laveney me frappa sur l'épaule.

—Hé! hé! me dit-il, tu fais un peu trop tes affaires personnelles, marquis, il me semble...

—Moi? pas du tout.

—Te voilà présenté..., tu nous présenteras, j'imagine.