—Vous, monsieur de Maurevailles, vous êtes malheureusement le seul homme que je ne puisse pas toucher de mon épée. Je crois même que si je vous voyais en péril, je vous sauverais. Votre vie m'est sacrée... J'en ai besoin.
—Mais moi? demanda Lacy.
—Oh! vous, répondit à Lacy le baron de Chartille, je suis prêt à vous tuer quand cela vous fera plaisir, quoique vraiment j'aie déjà versé assez de sang. En ce moment, je vous le jure, je serais enchanté de rester en paix avec vous, à la condition toutefois que vous me donniez votre parole de ne pas vous éloigner.
—Et cette promesse, à quel titre l'exigez-vous?
—Au seul titre d'un honnête homme qui veut le dénouement d'une intrigue sans nom, d'une infamie où l'honneur véritable, tous les intérêts, tous les sentiments d'une femme sont engagés. Vous ne partirez pas! Je ne sais quelle infamie vous préparez. J'ai besoin de vous savoir toujours au camp. Messieurs, dites-moi que vous ne partez pas!...
—Pierre! appela Maurevailles.
Le soldat qui avait introduit le baron parut.
—Place ces valises derrière nos chevaux. Nous nous mettons en route sur-le-champ.
A cette réponse, le baron, à son tour, était devenu blême:
—Je vous ai dit, messieurs, que vous deviez rester ici, prononça-t-il d'un ton sec.