—C'est le baron de Chartille qui m'a dénoncé le complot; il m'a prié de protéger la marquise votre soeur. Mes exempts sont arrivés à temps. Mais auraient-ils de nouveau cette chance, si MM. de Maurevailles et de Lacy, mis en liberté, recommençaient une nouvelle tentative, surtout ayant dans la place un auxiliaire tel que vous?

—Mais le moyen dont vous parliez? dit Réjane.

—Ce moyen, le voici. Attendons le retour du baron. Il ne peut tarder à arriver. Je causerai avec lui de cette affaire. S'il consent à l'étouffer une fois encore, si MM. de Maurevailles et de Lacy, qui sont officiers, me promettent de rejoindre leur régiment sans plus tarder,—ce à quoi, du reste, je veillerai,—il n'y aura plus aucune difficulté. Voyons, mon enfant, cela vous satisfait-il?

—Soit, dit Réjane. J'essaierai de fléchir le baron. J'y réussirai, j'en suis sûre. Mais vous me promettez qu'avant son retour, M. de Maurevailles n'a rien à redouter de vous?

—Je vous le garantis. Et maintenant, mademoiselle, laissez-moi vous reconduire jusqu'à l'hôtel de Vilers, où je ne voudrais pas, à pareille heure, vous laisser retourner seule.

Et M. de Marville, faisant atteler son carrosse, y monta à côté de Réjane, enchantée de son succès.

Elle ne pouvait prévoir les terribles événements qu'allait engendrer cette combinaison....

Quelques jours après, le baron de Chartille arrivait à Paris.

Au débotté, l'infatigable centenaire courut à l'hôtel de Vilers, afin de s'informer de ce qui s'était passé pendant son absence.

Si la marquise lui apprit la nouvelle tentative de Maurevailles et de Lacy, Réjane, l'attirant à part, ne manqua point de le supplier de leur faire rendre la liberté.