Ils attendaient seulement une occasion propice et sûre.
Leurs apparitions au quartier étaient rares; ils n'y venaient même que lorsque leurs fonctions l'exigeaient absolument. Le reste du temps, ils complotaient.
Au soir où nous sommes, ils avaient devant eux leur courrier Luc, celui qui leur avait annoncé aux Pays-Bas la grossesse de la marquise.
—Et tu dis alors, demanda Maurevailles à son espion ordinaire, que la marquise sort souvent?
—Monsieur le chevalier le sait comme moi. Il a pu la rencontrer en promenade.
—Parle toujours.
—Eh bien, j'ai repris mes relations à l'hôtel de Vilers, et l'on m'a raconté que les médecins ont ordonné à la marquise, non seulement de l'exercice, mais encore et surtout du grand air. Elle a commencé par des promenades dans les jardins, conduite ou par le vieux Joseph, ou par le baron de Chartille—auquel il ne faut pas se frotter. Maintenant, elle sort deux ou trois fois par semaine pour aller, soit au Cours-la-Reine, soit à la porte Saint-Antoine...
—Et peux-tu savoir de quel côté se dirigera sa promenade aujourd'hui?
—Bien facilement. Je suis intime avec le valet de pied, qui n'a pas de secrets pour moi.
—Eh bien, pars vite et reviens nous informer!