—Non, dit-elle tout à coup, je ne puis aller à ce rendez-vous. Ce serait mal, puisque, pour m'y rendre, je dois me cacher, puisque je n'ose en parler même à ma soeur, puisque je rougis, puisque je tremble qu'on ne me voie!

Elle avait déjà pris une mante pour sortir. Elle la jeta loin d'elle, comme pour chasser au loin la tentation.

Et la pendule marchait toujours, l'aiguille allait atteindre l'heure...

Réjane ouvrit un livre, espérant chasser, grâce à lui, les idées qui l'assaillaient, mais elle ne lut que des yeux, sans comprendre: sa pensée était ailleurs.

Tout à coup le timbre argentin de la pendule retentit.

La pauvre enfant jeta brusquement son livre, ramassa sa mante et posa le doigt sur le bouton de la porte...

Elle s'arrêta.

Mais le plus fort était fait. La porte s'ouvrit et la jeune fille se hasarda, émue, palpitante, rouge à la fois de honte et de plaisir, dans les allées du jardin.

Légère comme un sylphe, retenant son haleine, s'effrayant de tout, du bruit du sable qui craquait sous ses pas, du choc d'une branche morte ou d'une feuille qui tombait, elle arriva à la petite porte, derrière laquelle Maurevailles attendait.

Elle écouta.