Il n'y avait pas à en douter. Maurevailles ne pouvant se défendre à son aise, paralysé par l'enfant qu'il tenait dans ses bras et qu'il était obligé de protéger de son corps, avait été arrêté par les gens du dehors, probablement par des sbires de Lacy...
L'enfant était tombé entre les mains d'un traître!
Éperdue à cette pensée, Réjane s'enfuit comme une folle à travers le jardin et courut se réfugier dans sa chambre au second étage de l'hôtel.
Mais, comme elle venait d'y arriver pantelante, folle de désespoir, dans tout l'hôtel de Vilers un cri de désolation retentit:
—L'enfant a disparu, l'enfant a été enlevé!...
—Mort de ma vie! dit le vieux baron, ce bandit a accompli son crime! Il est dans le jardin. Il nous le faut mort où vif!
Et la battue recommença plus ardente encore, sous les yeux de Réjane à demi tuée.
Cependant elle se disait que si la malédiction de Dieu avait voulu que l'enfant fût pris par les hommes de Lacy, au moins Maurevailles était sauf. Elle avait entendu quelqu'un, qui devait être un chef, donner l'ordre de l'épargner, de ne pas lui faire de mal...
—Maurevailles vivant, disait-elle, Maurevailles, connaissant les projets de Lacy, déjouera ses menées et protégera ma soeur...
Mais tout à coup, dans le jardin, des cris de triomphe la terrifièrent.