—A mort, dit également La Rose.

—A mort, répéta le Normand.

—La sentence est prononcée, monsieur, articula lentement le baron de Chartille. Il ne nous reste plus qu'à vous dire de recommander votre âme à Dieu. Avez-vous quelque dernière démarche, quelque commission suprême à faire remplir? Je vous jure qu'elle sera loyalement et fidèlement accomplie.

Lacy ne répondit pas.

—Allons, il faut en finir, le temps presse. A genoux, et faites votre prière.

—Eh bien, non, s'écria Lacy en redressant la tête. Non, je ne m'agenouillerai pas. Non, je ne mourrai pas ainsi, la honte au front... Si, dans le passé, j'ai eu bien des reproches à me faire, aujourd'hui la punition serait injuste, car je venais pour sauver la marquise. Tuez-moi si vous voulez; je ne puis plus être heureux! Mais que mon sang retombe sur vous, car je n'ai pas mérité cette mort!

Réjane, de sa fenêtre, examinait depuis le commencement cette scène, cherchant à entendre ce qui se disait. Pour la première fois la voix de Lacy monta jusqu'à elle.

Lacy parlait comme eût parlé Maurevailles à sa place: «Je venais pour sauver la marquise,» disait-il. C'était ce que Maurevailles lui avait dit quelques instants auparavant.

Ce dernier mot la convainquit davantage encore.

—Infâme! dit Tony, et Réjane?