—Il n'y a que moi, il n'y a que moi, répétait-il en se frottant les mains. Je trouve tout, je sauve tout! Les autres ne me viennent pas à la cheville!
Pendant ce temps, l'Homme Rouge, solidement tenu par deux exempts, était conduit aux Armes de Bretagne, qui étaient devenues le quartier général.
Pour être plus libre, on avait (de par le roi, s'il vous plaît!) prié l'hôte d'aller se reposer et on avait laissé le soin du service à un jeune garçon à mine niaise et à cheveux rouges, qui répondait au nom harmonieux de Barrabas.
Barrabas, déjà fort ébahi du spectacle, tout nouveau pour lui, auquel il assistait, laissa tomber à terre le broc de vin qu'il tenait à la main, en voyant arriver un homme à manteau rouge ayant toute la mine d'un seigneur et conduit par deux exempts, derrière lesquels un troisième estafier portait avec toute la délicatesse possible un enfant nouveau-né.
—Seigneur Dieu! murmura le pauvre garçon, qu'est-ce que cela veut dire?
—Barrabas, tiens ta langue et ne gaspille pas le vin de ton patron! s'écria le nain avec arrogance. Allons, mon garçon, ouvre-nous la grande salle et tourne les talons!
Barrabas obéit; on entra dans la grande salle.
L'homme au manteau rouge regarda autour de lui d'un air méfiant.
—Pourquoi me conduisez-vous ici? demanda-t-il aux exempts qui le tenaient.
—Ce sont nos ordres.